Tribune libre Vanessa MIRANVILLE et Gilles HUBERT

 « Et maintenant, si nous osions … »

L’humanité entière vit aujourd’hui sous le joug du Covid19 , l’une confinée et l’autre pas encore .

Tous, en tout cas, et évidemment sur notre bout de caillou, vivons dans la crainte de cet ennemi invisible.

La crise d’aujourd’hui nous démontre déjà que les certitudes d’hier ont été pulvérisées.

Force est de constater que les conséquences sanitaires actuelles présentent des bilans fort disparates et pour le moins surprenants.

Les exemples du Portugal pour l’Europe et du Vietnam pour l’Asie nous ramènent à une évidence : les schémas qui prévalaient jusqu’à maintenant sont remis en cause.

Les puissances dominantes d’hier n’ont pas démontré leur suprématie dans la lutte contre le virus. Et on ne s’attardera pas sur les bilans catastrophiques des États Unis…

Toutefois, alors que les verdicts définitifs de cette guerre sont loin d’être connus, il nous faut dès à présent penser à « l’après ».

Mais cet « après » ne sera pas « sans » mais « avec » tant que ne sera mis au point un vaccin.

Dans cette attente, les relations sociales, les comportements quotidiens et professionnels seront profondément affectés et de façon durable.

Les échelles de valeurs qui prévalaient jusqu’à maintenant doivent être abandonnées.

Le dogme du « Time is money » ne répond plus à l’attente des citoyens.

Les mesures d’urgence aujourd’hui ne sont pas au niveau de la crise profonde qui se profile devant nous.

Première conséquence de cette crise, 9 millions de salariés sont en chômage partiel. A la Réunion, où le taux de chômage battait déjà des records nationaux, je n’ose imaginer l’ampleur de la catastrophe ! 

Un grand nombre d’entre eux ne retrouveront pas immédiatement un emploi et basculeront dans une précarité durable, sans compter ceux qui y sont déjà, je pense ici aux travailleurs indépendants ou les autres professions exclues des régimes d’assurance chômage.

Il nous faudra être capables d’apporter des réponses à la hauteur des attentes, quitte à ce qu’elles puissent paraître non conventionnelles.

Après tout, peut-on penser que la solution puisse être conventionnelle face à un défi aussi exceptionnel ?

Il faudra avoir du courage !

Il faudra « oser l’inédit »!

Le revenu universel solidaire semble pour CREA un moyen qui permettrait à nos citoyens de préserver un minimum vital garant de leur dignité et de leur autonomie.

C’est justement cette autonomie, cette liberté qui pourrait permettre une véritable émancipation sociale que nous espérons aujourd’hui de tout cœur.

Après des mesures d’urgence nous nous placerons dans un plan de relance véritable. 

Il nous incombe, nous élus de proximité de développer et déployer sur nos territoires, des outils de solidarités afin de préserver une  partie de notre population de la précarité.

Les multiples aides d’urgence qui ont été mises en place aujourd’hui ont été nécessaires et indispensables pour répondre au besoin imminent pendant la période de confinement.

Toutefois devant l’ampleur de la crise sociale qui se dessine devant nous, nos concitoyens sont en droit d’exiger un service public plus fort et une protection sociale renforcée !

Il est donc de notre devoir de penser et de mettre en œuvre un nouveau système de solidarité allant au-delà des minimums sociaux actuels tel que le RSA et permettant de lutter plus efficacement à cette nouvelle précarité incluant un public jusqu’ici exclu ou éloigné des mesures existantes.

Pour cela il serait souhaitable d’expérimenter, dans un premier temps, sur notre territoire, le revenu universel solidaire. Ce revenu de base non conditionné à la recherche d’un emploi salarié permettrait d’inclure toutes les personnes exclues du RSA, notamment les jeunes de 18 à 26 ans, les auto-entrepreneurs, les artistes ou encore les seniors trop souvent en train de survivre avec des pensions insuffisantes, les agriculteurs pauvres et enfin les aidants ou les personnes qui subissent des ruptures de droit inopinées.

Ce revenu de base universel, qui pourrait être distribué dans une monnaie locale complémentaire utilisable uniquement à La Réunion, permettrait dans la lignée de l’étude réelle la relocalisation de nos dépenses sur le territoire réunionnais, et donc de financer ce revenu universel grâce à la rétention de la richesse financière sur notre île qui permettrait plus d’autonomie du secteur économique donc moins de besoins de subventions publiques.

Ce revenu de base serait ainsi une innovation sociale à hauteur des enjeux et du drame humain pressenti. Elle serait dans la lignée des grandes mesures sociales prises après guerre qui ont permis un redressement économique dans une idée de justice sociale.

L’histoire ne doit pas se lire que dans les vieux livres poussiéreux, elle doit s’écrire au présent pour les générations futures !

Aujourd’hui, bon nombre de négationnistes sont en train de chiffrer le montant de la dette que nous léguerons à nos enfants.

Soyons résilients, et mettons en œuvre un projet de société solidaire, socialement et écologiquement responsable où l’investissement se focalisera sur le capital humain.

J’invite donc les Présidents des Conseils Départemental et Régional, les Parlementaires et mes collègues Maires à unir nos efforts pour faire aboutir ce projet.

Cette Réunion d’après, il nous appartient de la bâtir ensemble avec nos moyens pour qu’elle réponde surtout à l’attente de nos concitoyens.

Croyons en nous ! Croyons en notre esprit d’initiative !

Osons, osons notre émancipation créative, osons l’inédit !

Vanessa MIRANVILLE et Gilles HUBERT,

Présidente et Vice Président du mouvement citoyen CREA

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